Perte de 173 000 emplois au T3 2026 : impacts et pistes pour les candidats au Maroc
Le troisième trimestre 2026 voit le Maroc perdre 173 000 postes, surtout en zone rurale, tandis que le chômage grimpe à 10,5 % – découvrez ce que cela signifie pour vous.
Bilan du marché du travail au troisième trimestre 2026
Le Haut‑Commissariat au Plan (HCP), cité par Le360, indique que le Maroc a enregistré une perte nette de 173 000 emplois entre le deuxième et le troisième trimestre 2026. Cette contraction touche principalement le milieu rural, où le nombre d’emplois contre revenu a reculé de 148 000, contre 25 000 en zone urbaine.
Selon Quid, le total des personnes en emploi contre revenu s’établit à 10,47 millions, soit une baisse de 1,6 % par rapport au trimestre précédent. Parallèlement, le nombre de chômeurs stricts a augmenté de 103 000 pour atteindre 1 224 000, faisant passer le taux de chômage strict de 9,5 % à 10,5 % au niveau national.
Répartition sectorielle des pertes et des gains
Les secteurs les plus touchés sont l’agriculture, la sylviculture et la pêche, qui ont perdu 145 000 emplois (baisse de 5,6 %). Les services ont reculé de 96 000 postes (1,8 %), tandis que la construction a perdu 3 000 emplois. En revanche, l’industrie a créé 69 000 emplois, soit une hausse de 4,8 %, portant son effectif à 1 000 526, ce qui représente 14,6 % du total des emplois nationaux selon Le360.
En termes de part d’emploi, Quid précise que les services restent le premier employeur avec 5,155 millions de personnes (49,2 % du total), suivis par l’agriculture, la sylviculture et la pêche avec 2,425 millions (23,2 %). L’industrie emploie 1,526 million et la construction 1,354 million.
Évolution du chômage par groupe et par région
Le taux de chômage strict varie fortement selon le niveau d’instruction. Le360 indique un taux de 18,1 % chez les titulaires d’un diplôme avancé, le même taux pour les diplômés intermédiaires, 11,6 % pour les détenteurs d’un diplôme de base, et 4,7 % pour les personnes sans aucun diplôme.
Le chômage des femmes a grimpé de 14,8 % à 16,7 %, tandis que leur taux de participation reste à 18,1 %, bien en deçà des 65,6 % observés chez les hommes.
Les jeunes sont les plus vulnérables : Quid signale que le taux de chômage chez les 15‑24 ans atteint 30,5 %, soit une hausse de 3,3 points par rapport au trimestre précédent. Chez les 25‑34 ans le taux est de 16 %, puis il chute à 5,8 % pour les 35‑44 ans et à 3,5 % au-delà de 45 ans.
Sur le plan géographique, LeSiteinfo relève que quatre régions affichent un taux de participation à la main‑d’œuvre supérieur à la moyenne nationale (41,8 %). Il s’agit de Dakhla‑Oued Eddahab (64,7 %), Casablanca‑Settat (47 %), Tanger‑Tétouan‑Al Hoceima (45,5 %) et Marrakech‑Safi (42,4 %). À l’inverse, les taux les plus bas sont observés dans Drâa‑Tafilalet (30,2 %), l’Oriental (35,7 %), Souss‑Massa (37,5 %) et Guelmim‑Oued Noun (38,6 %).
Le taux de chômage strict est le plus élevé dans Guelmim‑Oued Noun (17,2 %), Drâa‑Tafilalet (14,7 %), l’Oriental (13,7 %) et Casablanca‑Settat (13,0 %), alors que les régions les plus favorables sont Dakhla‑Oued Ed‑Dahab (4,6 %), Tanger‑Tétouan‑Al Hoceima (6,8 %), Béni Mellal‑Khénifra (7,6 %) et Souss‑Massa (8,5 %).
Ce que cela implique concrètement pour les candidats
La perte massive d’emplois en agriculture et dans les services, conjuguée à une hausse du chômage, signifie que les chercheurs d’emploi doivent adapter leur stratégie. Le secteur industriel, en nette progression, représente une opportunité réelle : les postes créés sont majoritairement situés dans les zones urbaines et dans les régions où la participation à la main‑d’œuvre est déjà élevée.
Par ailleurs, la forte hausse du chômage chez les jeunes et les femmes indique que les programmes de formation ciblés et les initiatives d’insertion professionnelle sont plus que jamais nécessaires.
Conseils pratiques pour optimiser votre candidature
- Priorisez les secteurs en croissance : visez les offres d’emploi dans l’industrie, notamment dans les zones de Casablanca‑Settat et Tanger‑Tétouan‑Al Hoceima où la création d’emplois est la plus dynamique.
- Adaptez votre CV aux exigences du marché : mettez en avant les compétences techniques et les certifications reconnues dans le secteur industriel (maintenance, production, logistique).
- Développez des compétences transversales : la maîtrise du numérique, la gestion de projet et les langues étrangères augmentent l’attractivité, surtout pour les postes urbains.
- Explorez les programmes de reconversion et de formation : les dispositifs publics et privés ciblant les jeunes et les femmes offrent des aides financières et des stages garantissant une insertion plus rapide.
- Concentrez votre recherche sur les régions à forte participation : Dakhla‑Oued Eddahab, Casablanca‑Settat, Tanger‑Tétouan‑Al Hoceima et Marrakech‑Safi offrent davantage d’opportunités et un meilleur taux de sous‑utilisation de la main‑d’œuvre.
En résumé, la perte de 173 000 emplois au troisième trimestre 2026 impose aux candidats de réorienter leurs efforts vers les secteurs porteurs, d’enrichir leurs compétences et de cibler les régions où la dynamique du marché du travail reste favorable.
Sources
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