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marche-emploi 07 Nov 2026 · 5 min de lecture

Industrie marocaine 2026 : coûts en hausse, emploi sous tension

Les industriels marocains constatent une hausse généralisée des coûts et une stagnation, voire une baisse, des effectifs, selon les enquêtes de Bank Al‑Maghrib relayées par Hespress et Quid.

Industrie marocaine 2026 : coûts en hausse, emploi sous tension

Contexte général du troisième trimestre 2026

Les enquêtes menées par Bank Al‑Maghrib et relayées par les médias marocains montrent que le climat des affaires dans l’industrie est perçu comme « normal » par la majorité des dirigeants, mais que des inquiétudes majeures planent sur les coûts de production et l’emploi. Selon Hespress, 69 % des industriels jugent le climat des affaires normal, tandis que 22 % le considèrent défavorable. Quid confirme ces chiffres et précise que le sentiment défavorable varie fortement selon les branches.

Une hausse généralisée des coûts de production

Les deux sources s’accordent sur le fait que les coûts unitaires ont augmenté dans toutes les branches d’activité. Quid indique que 57 % des entreprises industrielles déclarent une hausse de leurs coûts. La répartition par secteur montre des variations légères mais similaires : le textile et cuir enregistre 58 % de hausse, l’agroalimentaire 57 %, la chimie et parachimie 56 % et la mécanique et métallurgie 55 %.

Ces augmentations s’expliquent, selon Hespress, par trois freins majeurs : une demande insuffisante, le niveau élevé des coûts des intrants et une concurrence accrue, notamment du secteur informel.

  • Texte et cuir : 58 % de hausse des coûts.
  • Agroalimentaire : 57 % de hausse des coûts.
  • Chimie et parachimie : 56 % de hausse des coûts.
  • Mécanique et métallurgie : 55 % de hausse des coûts.

Situation de l’emploi : stagnation et premières baisses

Le tableau de l’emploi se dessine avec plus de stabilité que d’expansion. Quid rapporte que 64 % des industriels observent une stagnation des effectifs, alors que 22 % constatent une diminution. Hespress nuance ces chiffres par branche :

  • Mécanique et métallurgie : 83 % de stagnation, 13 % de baisse.
  • Texte et cuir : 78 % de stagnation, 19 % de baisse.
  • Chimie et parachimie : 60 % de stagnation, 31 % de réduction.
  • Agroalimentaire : 64 % de stabilité et 33 % d’embauches.

Pour le quatrième trimestre 2026, les chefs d’entreprise anticipent une baisse des effectifs dans toutes les branches, ce qui accentue les incertitudes pour les travailleurs du secteur.

Conditions d’approvisionnement et trésorerie

Les difficultés d’accès aux matières premières restent limitées mais présentes. Quid indique que 81 % des entreprises jugent l’approvisionnement normal, contre 17 % le qualifiant de difficile. La mécanique et métallurgie bénéficie des meilleures conditions (90 % normal, 6 % difficile), suivie de la chimie et parachimie (88 % normal, 12 % difficile). Le textile et cuir montre 75 % normal et 25 % difficile, tandis que l’agroalimentaire affiche la situation la plus tendue (62 % normal, 36 % difficile).

Concernant la trésorerie, 84 % des industriels la considèrent normale, mais 14 % la qualifient de difficile, selon Hespress. Les secteurs les plus exposés sont le textile et cuir (81 % normal, 19 % difficile), la mécanique et métallurgie (86 % normal, 14 % difficile) et l’agroalimentaire (75 % normal, 22 % difficile). La chimie et parachimie reste dans la moyenne avec une trésorerie jugée globalement normale.

Accès au financement bancaire

Le financement bancaire est perçu comme normal par la plupart des entreprises, avec des points forts dans la mécanique et métallurgie ainsi que la chimie et parachimie, selon Quid. En revanche, le secteur agroalimentaire signale des difficultés d’accès au crédit, ce qui peut limiter ses projets d’expansion.

Ce que cela implique pour les candidats

Pour les chercheurs d’emploi, le contexte actuel suggère plusieurs pistes d’action :

  • Prioriser les secteurs les plus résilients : la mécanique et métallurgie montre une stabilité relative tant au niveau des coûts que de l’emploi, ce qui peut offrir des opportunités plus sécurisées.
  • Développer des compétences techniques : les entreprises qui font face à des hausses de coûts recherchent souvent des profils capables d’optimiser les processus et de réduire les dépenses.
  • Se préparer à la concurrence du secteur informel : la pression concurrentielle citée par Hespress indique que les candidats doivent mettre en avant des qualifications reconnues et une expérience certifiée.
  • Surveiller les évolutions du financement : les secteurs où le crédit reste accessible (mécanique, métallurgie, chimie) pourraient lancer de nouveaux projets d’embauche.
  • Adapter son CV aux exigences du marché : insister sur la maîtrise des outils de réduction des coûts, la gestion de la chaîne d’approvisionnement et la capacité à travailler dans un environnement de trésorerie tendue.

En résumé, le climat global reste « normal », mais les hausses de coûts et la perspective de réduction des effectifs imposent aux candidats de cibler les branches les plus stables et de renforcer leurs compétences en optimisation et en gestion financière.

Conclusion

L’industrie marocaine en 2026 fait face à une double dynamique : des coûts de production en hausse généralisée et une incertitude croissante sur l’emploi. Les secteurs les plus affectés par la baisse d’effectifs sont la chimie et parachimie, le textile et cuir, tandis que la mécanique et métallurgie conserve une relative stabilité. Les candidats qui souhaitent s’insérer ou progresser dans ce contexte doivent aligner leurs compétences sur les besoins de ces secteurs, mettre en avant leur capacité à gérer la pression des coûts et rester attentifs aux évolutions du financement bancaire.

Sources

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